• soulierludivine

Réseaux sociaux : victime ou bourreau ?

En me promenant sur les réseaux, justement, j'ai remarqué la recrudescence d’informations à propos de leur utilisation : comment les utiliser, comment s'en détacher, etc. Poussée par une émotion forte, j'ai eu envie d'en dire un mot (moi aussi, na).


J'accuse

J'ai pu lire les mots de nombreuses personnes, quelle que soit leur métier, mais qui ont comme point commun de travailler via les réseaux sociaux, ou d'être très actives dans le partage de leurs loisirs, passions ou autres. Je ne sais pas pourquoi, mais depuis 2 semaines je ne vois que ça. Et souvent, c'est le même constat : Instagram ou Facebook est accusé de tous les maux. On se sent ainsi "poussé" à poster, et même "forcé", on se sent obligé, parce qu'il faut obtenir des réactions sur les posts. On se sent entraîné dans "la courses aux likes", comme on dit. Ces réseaux nous forcerait à sortir de ce que nous sommes, ils nous empêcheraient d'être "soi" car ils entretiendraient une vision superficielle de la vie, et des relations. Ils donneraient une image fausse de certains métiers, certains domaines, car ils ne seraient pas représentatifs de la réalité.


Alors, victime ou bourreau ?

Les réseaux sociaux comme bourreaux, comme s'ils nous mettaient un couteau sous la gorge pour nous forcer à. Comme si quelqu'un nous attendait au tournant "si ça fonctionne pas tu meurs". Tout ça, et je ne suis pas désolée de le dire (!!) c'est une vue de notre imagination d'humain qui fonce dans l'égo-trip ! L'égo-trip c'est un peu un voyage de l'égo comme s'il avait pris des champignons hallucinogènes, il se "fait un trip" quoi. Les réseaux sociaux ne sont pas des bourreaux ! Ils ne nous forcent à rien ! C'est nous, nous et nous seuls qui nous forçons. Personne, je dis bien, personne, ne nous pousse à publier à tout prix. La course aux likes existe uniquement parce qu'il y a des tas de personnes qui veulent la faire. Je peux très bien choisir de les regarder courir ! Je ne suis pas obligé d'aller faire des courses que je n'ai pas envie de faire. Il n'y a aussi aucune obligation à poster, ni à être sur les réseaux sociaux. Si "je" se sent poussé, ce n'est pas de la faute des autres, c'est que lui se laisse séduire, il se laisse aller dans le sens du courant des autres auxquels il n'a pas envie de ressembler ! Une histoire d'affirmation de soi, de limites qui sont sans cesse remises en question et pas franchement posées, mais aussi (et souvent) d’hypersensibilité, ou de sensibilité aux autres, avec un sentiment de bien vouloir faire les choses. Une volonté d'être quelqu'un de bien, en somme, mais qui se transforme en un écrasement de qui je suis au profit des autres, une rupture de l’équilibre !


L'importance de reprendre ses responsabilités en main

Quand on accuse comme ça les réseaux, on externalise sa responsabilité et ses actes, et ses choix aussi ! On met donc aussi sa capacité d'action, et de réaction dans les mains de quelque chose extérieur à soi. "Ce n'est pas de ma faute si, je suis obligé, je me sens poussé à le faire" --> non seulement je remets dans les mains de quelqu'un d'autre, ou de quelque chose (encore pire car un outil est toujours neutre!!) ce que je suis, mais en plus je me considère comme une marionnette de ce quelqu'un, ou de ce quelque chose. Comme si mes choix ne m’appartenaient plus. Je comprends alors, totalement, mais vraiment, la lassitude d'utiliser les réseaux, le plaisir qui se perd, et l’incompréhension que tant de monde aime les utiliser. Normal, vu que "je" n'a même plus le pouvoir sur lui, il est à côté, il regarde les trains passer... Reprendre ses responsabilités, cela passe aussi parle fait de ne plus externaliser tout et tout le temps, mais aussi reconnaître et voir notre (grande) part de responsabilité dans ce qui nous arrive ! Je ne dis pas que nous attirons à nous tous les malheurs du monde ou tous les bonheurs, mais plutôt que nous avons tendance à entretenir des cercles vicieux pour entretenir nos schémas habituels de blessures, de souffrances, de zones de confort personnelles. Tout ça me fait d'ailleurs penser à ce que j'écris en ce moment dans mon livre, vous verrez, on y parlera pas mal de l'égo et de l'illusion d'être !


Chacun fait fait fait, c’ qu’il lui plait plait plait

Et si la voisine passe son temps à montrer toutes les parties de son corps sur les réseaux, cela ne veut pas dire que je dois le faire. Si elle elle souhaite utiliser les réseaux à sa manière, son choix lui appartient. Soit dit en passant, elle se prend peut être moins la tête dans l'utilisation des réseaux, elle se fait plaisir ! Et si moi, j'ai envie de poster un post par mois, ou par an, je fais aussi ce que je veux. Et là vous allez me dire, peut-être, "oui mais"... Notamment "oui mais moi j'ai besoin des réseaux pour attirer du monde, parce que je travaille grâce aux réseaux, donc parfois on a pas le choix". Je ne suis pas du tout d'accord ! Je vous parlerais de mon cas personnel juste en dessous. Mais avant ça, j'ai besoin de répondre que nous avons toujours le choix. Et que si vraiment on en croit les chiffres, si vous voulez "vendre" quelque chose il va falloir un nombre foufou d'abonnés fixes pour être sûr d'avoir un taux de conversion "abonnés en clients". Les comptes qui fonctionnent, ils appartiennent à des personnes qui font ce qu'elles aiment. bien sûr qu'elles aussi elles peuvent se prendre au jeu de la course aux likes, mais elles donnent de leur temps et de leur passion. Elles sont animées par ce qui les anime. Et ça se voit. Un compte qui fonctionne c'est aussi non pas un compte qui a tant d'abonnés, mais un compte de quelqu'un qui fait ce qui lui plait, qui ne va pas chercher à augmenter le nombre d'abonnés ou de likes, qui ne va peut être même pas y faire attention ! Elle va faire, point.


La recette magique des réseaux

Apparemment, de ce que j'ai pu voir, il existe même des métiers dans lesquels on va vous apprendre à utiliser les réseaux pour devenir rentable. Pourquoi pas... La recette magique des réseaux sociaux à mon sens elle n'est pas là, elle est dans le kiffe. Si j'aime ce que je fais, que je le partage avec le cœur, alors pourquoi essayer à tout prix d'être visible, de donner plus encore, de m'arracher les cheveux pour rentrer dans un moule dans lequel je ne voulais pas rentrer ? Il existe toujours mille solutions et mille possibilités autres ! J'ai toujours le choix de faire ce qui est juste pour moi ! Le problème avec les réseaux c'est que rapidement l'égo débarque, lunettes de soleil sur la tête, prêt à tout révolutionner. Alors stop ! La conscience de soi elle s’établit là, aussi, et surtout, dans nos choix quotidiens ! La recette magique c'est la même que je vous donnerais pour la vie de tous les jours : avoir conscience des mouvements en soi, et tourner son regard non plus vers l’extérieur pour se comparer, mais vers l’intérieur pour s'écouter. Mais aussi, ne pas en faire un sujet d'état, c'est un outil, c'est là, c'est là, comme un état de fait. Le réseau, je l'utilise, j'aime bien, mais il est comme le soleil qui se lève chaque matin, pas plus, ni moins.


Mon cas personnel

Je ne cache pas que j'ai eu aussi ces considérations ! C'est d'ailleurs ce qui a fait monter l'émotion forte qui m'a poussé à écrire ! Je suis passée par ces accusations, puis ensuite je me sentais "forcée à", et je faisais quand même, je cherchais la visibilisé et la présence des autres via les réseaux. J'ai fait des "détox digitales", des pauses, j'ai lu beaucoup à ce sujet et j'ai même philosophé. Et puis à un moment j'ai compris que tout ça, c'est de la poudre aux yeux, que le véritable problème il est en moi, et dans ma façon de considérer l'outil. Je me suis rendue compte, qu'être aligné avec soi cela n'est pas uniquement un état d'esprit à avoir pendant un cours de yoga, ou une méditation, ou pendant une consultation thérapeutique. Mais plutôt dans le quotidien ! Et le quotidien de nos vies occidentales, et bien c'est aussi ça, ce sont les réseaux sociaux, le boulot, la vie de famille, la société de consommation, et j'en passe et des meilleurs ! C'est dans notre quotidien, dans nos actions de tous les jours que nous devons garder l’œil ouvert pour éviter des égo-trips, et donc de se contaminer l'esprit avec des considérations qui ne nous portent pas vraiment !


Alors aujourd’hui et bien je poste ce que j'ai envie, quand j'en ai envie. Parfois c'est tous les jours, tout d'un coup j'arrête parce que j'en ai marre. Parfois je n'y pense même plus, et parfois j'ai besoin de partager par les mots ou plutôt les images. Cela n’empêche pas d'avoir une petite pensée culpabilisante de temps en temps "je ne fais pas les choses bien", mais au fond, qu'importe. A quoi sert de s'inventer des problèmes avec quelque chose qui est censé être neutre ? Les réseaux sont des outils ! Cela me fait penser à l'argent, qui souvent est diabolisé, car tellement rempli de croyances. Alors qu'il n'est qu'un outil, un moyen, qui est utilisé et sur lesquels on projette tous nos malheurs. Pour les réseaux, c'est la même chose !


Alors voilà, il est important de reprendre les rênes de sa vie, de manière générale. Et à mon sens cela passe par ces "petites choses" du quotidien. Les réseaux en sont une belle de petite chose. Faites ce que vous avez envie de faire. Arrêtez de réfléchir au comment du pourquoi du comment je devrais faire. Et faites ! Blanc, noir, jaune, rouge, rose, vert, vous voyez la vie de la couleur que vous souhaitez la voir. L'important c'est que vous, vous soyez bien avec vous-mêmes, les autres au fond, on s'en moque ! Viendront ceux qui doivent venir, s'intéresseront ceux qui doivent intéresser ! A force de forcer l'intérêt on se coupe d'ailleurs de liens qui pourraient nous faire du bien, et on attire à soi des personnes intéressées par ce qu'elles croient voir de nous (ce qu'on donne à voir) ! Montrez ce que vous êtes ! Avec votre propre pudeur, votre propre énergie, votre propre façon d'être et de voir le monde, mais soyez-vous, c'est tout ce qui importe. Shake, shake, and go !


Avec force :)

Ludivine